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Les images subliminales:
Fonctionnement et effets des images subliminales
Perception et traitement des images subliminales par le cerveau

D'après le dictionnaire, le mot subliminal est composé des deux termes latins : "sub" qui signifie "sous" ou "à l'entrée" et "limen" qui désigne le "seuil" selon la traduction. Un message est donc subliminal s'il est perçu en dessous du seuil de conscience, à la limite de sa reconnaissance par le sujet.
Il est donc important de préciser dès à présent ce qu'est le seuil de la conscience.

Nous introduisons ainsi le concept des zones.

Le tableau qui suit nous fera clairement comprendre le système des "seuils" et des "zones" :

Force du
stimulus
Stimulus Mécanismes sensoriels Réponse Représentation consciente
Fort
flèche
Faible
o_______ _______o_______ _______o_______ _______o Zone 1: Zone de perception consciente
----------------------------------------------------------------------------------
Seuil de perception consciente
----------------------------------------------------------------------------------
o_______ _______o_______ _______o_______ ...........o Zone 2: Zone de perception inconsciente qui peut devenir consciente
----------------------------------------------------------------------------------
Seuil absolu de perception
----------------------------------------------------------------------------------
o_______ _______o_______ ...........o Zone 3: Zone de perception inconsciente qui ne peut pas devenir consciente
----------------------------------------------------------------------------------
Seuil de perception physiologique
----------------------------------------------------------------------------------
o_______ ...........o Zone 4: Zone où la perception est absente

Commentons ce tableau:

Un stimulus est un facteur qui agit sur une cellule, sur un organe, sur l'organisme en général, en provoquant une réponse qui peut être, par exemple, musculaire ou nerveuse.
Ce stimulus est faible ou nul ( - ) et il peut augmenter progressivement d'intensité, jusqu'à être fort ou très fort. ( + ).
Plus son intensité est élevée, plus il aura d'impact sur les mécanismes sensoriels, engendrera une réponse dont résultera une représentation consciente.

Selon Dixon, célèbre chercheur en matière subliminale, il y a trois seuils ou paliers de perception :

  • Le seuil de perception consciente.
  • Le seuil absolu de perception.
  • Le seuil de perception physiologique.

Chaque seuil ou palier est entouré par deux zones, ce qui fait qu'il y a en tout quatre zones.

ZONE 1:

C'est celle de perception consciente où l'individu est conscient du stimulus (qui peut varier d'intensité)

Exemples:

  • Quelqu'un me donne une bonne gifle.
    Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (Aie ! J'ai mal !) et je sais bien (représentation) que j'ai encaissé une bonne gifle.
  • Je reçois une gifle un peu moins appuyée.
    Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (la sensation de mal peut se muer en sentiment de frustration) et je sais bien (représentation) que j'ai eu une gifle (mais la réaction s'est opérée un peu plus près du seuil de perception consciente, puisque le stimulus était moins prononcé).
  • J'attrape un pot de fleurs sur la tête.
    Mes mécanismes sensoriels réagissent et provoquent une réponse (je suis littéralement sonné !) et j'ai bien senti (représentation) que quelque chose a atterri sur mon crâne. Lorsque je me réveillerai, si par malheur je suis K.O., j'identifierai le "quelque chose" à un objet qui s'appelle "pot de fleurs" (ou on me le fera savoir).
  • Lorsqu'on franchit le seuil-limite de la zone 1, ou le "seuil de la perception consciente", on pénètre dans la zone suivante.

    ZONE 2:

    C'est celle de la perception inconsciente, qui peut devenir consciente (........o), donc dans ce cas-ci, l'individu n'est pas conscient du stimulus, mais peut le devenir.

    Exemples :

    • J'écris une lettre tout en "écoutant" la radio.
      J'écoute, mais je n'entends pas qu'on diffuse ma chanson préférée.
      Il suffit que je me "débranche" quelques secondes de mes activités épistolaires et que je porte mon attention sur le son émis par la radio pour reconnaître la chanson et même fredonner ses paroles: Ma perception inconsciente est devenue consciente.
    • L'horloge égraine dix coups.
      Subitement, j'en prends conscience alors qu'elle en est à son septième. Constatant qu'il est 10 heures, je peux même imaginer assez curieusement les coups que je n'ai pas entendu.

    Lorsqu'on franchit la porte ou "seuil absolu de perception", on débouche sur la zone suivante.

    ZONE 3

    C'est celle où la perception ne peut pas devenir consciente.
    Ainsi, l'individu qui subit des stimuli en zone 3 ne peut devenir conscient de ceux-ci, mais peut réagir en leur présence sans s'en apercevoir (........o).
    Le stimulus, d'assez faible intensité, a frappé les mécanismes sensoriels qui vont provoquer une réponse qui restera enfouie dans certains recoins du cerveau.

    C'est dans cette zone que la plupart des spécialistes localisent le champ de perception subliminale. Un champ plus élargi de perception subliminale englobe aussi la zone 2.

    Exemples:

    • Une publicité contient une image, un dessin que je ne vois pas, mais qui peut déterminer mon choix.
    • Une revue propose des illustrations qui imbriquent des motifs subliminaux qui peuvent influencer mon comportement.
    • Un film projette une image très rapide (stimulus extrêmement faible) qui aura pour but de me faire voir ce film sous un angle différent (c'est la forme la plus répandue d'image subliminale)

    ZONE 4:

    Dans cette zone, en dessous du "seuil de perception physiologique", la perception est absente, et aucune réponse ne peut exister de l'exposition au stimulus (trop faible ou nul).


    Les seuils de perception ou paliers peuvent varier d'un individu à l'autre. Il faut tenir compte de son état, de son âge, de sa fatigue, et particulièrement du bon fonctionnement de ses mécanismes sensoriels.
    Les stimulis varient d'intensité, sont perçus de différentes façons, surtout s'ils sont confrontés à des interférences occasionnées par d'autres stimuli qui surviennent au même moment.
    Autre point : Si le stimulus est fréquent, le seuil moyen de reconnaissance sera plus bas, et si le stimulus est rare, le seuil sera plus haut.
    Explication : Quelqu'un qui reçoit une gifle toutes les trois minutes aura un seuil de reconnaissance plus bas (car il s'attend à recevoir une gifle). Par contre, le seuil de reconnaissance sera plus haut chez celui qui en reçoit une à l'improviste.

    Pour en revenir à la zone 3, notons que les chercheurs sont partagés quant à l'efficacité des techniques subliminales.

    Poetzl a commencé ses investigations en 1917. Il a été suivi par de nombreux chercheurs comme Dixon, Smith, Klein, pour ne citer que ceux-là.
    Différentes méthodes ont été utilisées pour tester cette efficacité.
    Citons-en trois :

    • La RED (Réponse Electrodermale) qui mesure le potentiel électrique de la surface de la peau suite aux stimuli subliminaux.
    • La projection d'images à grande vitesse au moyen du Tachistoscope qui permet de produire des images subliminales à des vitesses variables selon les souhaits de l'expérimentateur.
    • L'envoi de sons inaudibles, mais qui sont cependant perçus par l'individu sans qu'il en prenne connaissance.

    Bien que l'efficacité des techniques subliminales ne soient pas complètement prouvée, cela ne signifie pas qu'elles sont mises à l'écart. En effet, la publicité, le cinéma, la télévision les emploient largement.

    Selon Dixon, la perception subliminale devrait correspondre à trois critères :

    • La réponse (---o) doit se trouver en dessous du seuil absolu de perception.
    • Le sujet doit certifier de n'avoir ni entendu, ni vu le stimulus.
    • La réponse (---o) des mécanismes sensoriels doit être différente de celle qui aurait été produite par un stimulus de zone 1 ou de zone 2.

    Exemple : Un dessin de stimulus élevé (zone 1) aurait peut-être provoqué une réponse et une réprésentation consciente amusante (disons un vilain dragon crachant du feu), tandis qu'en zone 3, en perception subliminale, le même dessin doit provoquer une autre réaction, comme la peur.

    Schéma d'un cerveau

    Ce schéma indique la route probable des stimulis subliminaux dans le cerveau.

    1 - Cortex pariétal postérieur.
    2 - Corps géniculé latéral.
    3 - Cortex strié.
    4 - Tectum.
    5 - Formation réticulée.

    Dans les cas non subliminaux, c'est-à-dire en zones 1 et 2, les nerfs optiques envoient des messages soit vers le corps géniculé latéral qui a pour fonction de définir les objets, soit vers le tectum qui a pour fonction de les localiser.
    Après cela, les messages étant suffisamment puissants sont dirigés vers les cortex.

    Si les stimuli ne sont pas assez forts, comme dans les messages subliminaux, ils restent bloqués dans le corps géniculé et dans le tectum.

    Toutefois, comme les impulsions subliminales ne sont pas en principe définies mais localisées, on a émis l'hypothèse qu'elles prennent uniquement le chemin du tectum.

    Ajoutons pour être complet que l'utilisation des techniques subliminales n'est pas nécessairement à portée négative : elle peut avoir des applications thérapeutiques, stimuler les fonctions de l'imaginaire, engendrer la détente.
    Cependant, beaucoup de ces méthodes dites "thérapeutiques" sont à prendre avec des pincettes. De nombreux charlatans ont envahi le marché en proposant des produits (cassettes audio, vidéo, et autres) qui n'ont aucune valeur scientifique.
    Il est bien évident que ces arnaqueurs discréditent les recherches sur le "subliminal".

    Ainsi nous allons maintenant voir l’impact des images subliminales sur notre corps et nos actes…

    L'influence et les effets des images subliminales

    La publicité subliminale laisse sa marque dans le cerveau : Des chercheurs d’UCL (University College London) ont découvert la première preuve physiologique que les images subliminales invisibles attirent effectivement l’attention du cerveau à un niveau subconscient. L’implication plus large de l’étude est que les techniques comme celles de la publicité subliminale, maintenant interdite au Royaume-Uni mais encore légale aux Etats-Unis, laissent en effet leur marque dans le cerveau des gens.

    L’étude s’est servi d’imagerie à résonance magnétique pour voir si une image que nous ne sommes pas conscients de voir - mais qui atteint néanmoins la rétine – avait un impact sur l’activité cérébrale dans le cortex visuel primaire, qui fait partie du lobe occipital. Les cerveaux des sujets de l’étude ont répondu à l’objet même s’ils n’avaient pas conscience de l’avoir vu.

    Le docteur Bahador Bahrami, de l’Institut de neuroscience cognitive d’UCL et de son département de psychologie, a déclaré que « ce qui est intéressant ici, c’est que notre cerveau enregistre des choses sans que nous nous en rendions compte, et sans que nous puissions le savoir. Il y a une réponse cérébrale aux images subliminales – sans que l’on ait l’impression d’avoir vu quoi que ce soit.

    Cette découverte pointe vers le genre d’impact que la publicité subliminale peut avoir sur le cerveau. On ne sait cependant pas si cela pourrait effectivement nous influencer à sortir acheter le produit dont on fait la réclame. Il est probable que la publicité subliminale affecte nos décisions – mais cela demeure de la spéculation. »

    Les sujets de l’étude portaient des lunettes à filtres bleu et rouge qui projetaient une combinaison de faibles images d’objets de la vie de tous les jours et de flashes, une technique récemment développée qui faisait « oublier » aux sujets la présence des images présentées à l’écran. On leur demandait d’exécuter une autre tâche en même temps.

    Les résultats de ces tests démontrent qu’à un certain point, lorsque le cerveau des sujets était trop occupé par ces autres tâches, il bloquait la perception de l’image subliminale et l’imagerie à résonnance magnétique ne percevait aucune activité neurale. Cette découverte-ci - que le cerveau n’enregistre pas un stimuli subliminal s’il est trop occupé par autre chose – démontre qu’un certain degré d’attention est nécessaire pour que le subconscient arrive à enregistrer les images subliminales.

    Cette recherche remet en question les idées reçues précédentes : ce qui est subconscient est également automatique, ne requiert aucun effort et n’implique pas l’attention. Elle démontre aussi que lorsque le cerveau n’a pas la capacité de porter attention à une image, même les images qui agissent sur notre subconscience ne sont pas enregistrées.

    En bref, conscience et attention ne fonctionnent pas main dans la main.

    Copyright Rémi, Maxime, Nicolas et Damien 2008®, Tous Droits Réservés................. Haut de page